SOCIETE

Orpaillage clandestin : Vital Touré, Secrétaire général du SYNMASI-CI fait des propositions pour mettre fin à la clandestinité


Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Dans une interview qu’il nous a accordée, le secrétaire général du syndicat national du minier artisanal et semi-industriel de Côte d’Ivoire (SYNMASI-CI), Vital Touré, a fait des propositions pour sortir le pays de ce fléau de l’orpaillage clandestin.

Depuis la création de votre syndicat, votre ministère de tutelle vient d’enregistrer la nomination d’un autre ministre. Comment accueillez-vous cette nouvelle ?

Vital Touré : Nous sommes très heureux de la nomination du nouveau ministre au poste de ministre des mines, du pétrole et de l’énergie. L’administration étant une continuité nous avons donc le devoir de l’accompagner dans sa noble mission comme nous l’avons fait avec ses prédécesseurs qui ont fait un travail remarquable. Nous sommes encore plus heureux quand on sait que le SYNMACI-CI est né dans le HAMBOL, région natale du nouveau ministre Camara Thomas.

Une politique de rationalisation de la filière de l’or a été initiée depuis 2014. Cette initiative porte-t-elle des fruits ?

VT : La rationalisation a été d’un apport capital pour la filière de l’or en général et en particulier pour les petites mines dont nous sommes acteurs. Grâce à cette initiative, beaucoup de sociétés ont été créées dans le but de suivre la voie de la légalité. Il s’agit de sociétés coopératives pour la plupart qui ont le choix entre des parcelles d’exploitation artisanale (0 à 25 ha) et des parcelles semi-industrielle (de 25 à 100 ha). Il faut noter à ce sujet que beaucoup d’autorisations ont été délivrées par le ministère des Mines. Des autorisations de ventes et d’achats ont aussi été délivrées. Des chantiers écoles ont été installés sur toute l’étendue du territoire pour initier les populations au métier de l’or et les exemples sont légion.

Votre syndicat œuvre depuis plusieurs années contre ce fléau de l’orpaillage clandestin, quel bilan peut-on faire de toutes vos actions ?

VT : Depuis, le syndicat a initié des missions sur toute l’étendue du territoire pour expliquer aux populations la nécessité de travailler dans la légalité. Nous avons expliqué les dangers liés à l’exploitation clandestines de l’or que sont la destruction de l’environnement, l’insécurité galopante, la fuite des capitaux, le travail des enfants… Tout ceci s’est fait à travers des contacts directs avec les populations mais aussi par voie de presse comme nous le faisons actuellement. Notre mission est de sensibiliser, de former et d’interpeller, le reste revient à l’Etat de côte d’ivoire c’est-à-dire le déguerpissement, les sanctions et autres.

L’Etat a certes son rôle à jouer, mais vous, qu’avez-vous fait concrètement sur le terrain ?

VT : A notre actif nous avons participé à la création de plus d’une soixantaine de sociétés sur toute l’étendue du territoire national. Nous avons participé à la création d’infrastructures telles que des écoles, des logements pour enseignants, plus d’une trentaine de forages. Nous avons aussi participé à la construction de lieux de culte (mosquées). Nous octroyons aussi une assistance maladie aux plus démunis. Tout ceci se fait à travers nos sociétés affiliées. La société coopérative entraide de Dabakala (COOPEDA) est l’exemple même qu’on peut citer au sein du SYNMASI-CI.

Malgré tous ces efforts, l’on enregistre encore une forte présence des non-nationaux dans cette activité sur le territoire ?

VT : Il faut nécessairement une collaboration entre les non nationaux et les ivoiriens que nous sommes. Nous ne pouvons pas mener cette activité sans l’apport de nos frères de la sous-région et d’ailleurs. En réalité, l’ivoirien n’a pas encore la culture du métier de l’or, voilà pourquoi nous avons impérativement besoin de la participation de nos frères étrangers. Le métier de l’or est un métier nouveau pour nous et c’est vital pour nous de nous frotter à plus expérimenté que nous pour mieux connaître et maîtriser certains rouages.

La collaboration entre les grandes structures exploitantes et vous n’est toujours pas au beau fixe. Qu’est-ce qui pose véritablement problème ?

 VT : Les permis de recherche sont vastes peuvent s’étendre sur des centaines de kilomètres au détriment des petites mines. L’Etat gagnerait donc à ouvrir ces grandes parcelles aux petites structures minières pour qu’elles s’y installent comme cela se fait dans la sous-région et ailleurs, au Ghana, au Burkina Faso, au Mali, au Congo etc. Cela permettra de contrôler les orpailleurs et du coup de freiner la clandestinité. Sinon les grands permis de recherche seront toujours assiégés par les clandestins et les efforts de l’Etat pour les déguerpir seront vains. La nature a horreur du vide, le site sera déguerpi pour un certain temps, mais après les clandestins reviendront.

Que préconise donc le SYNAMSI-CI ?

VT : Pourquoi ne pas responsabiliser ces clandestins en leur permettant de travailler de façon légale sur ces grandes parcelles. Ce sont deux exploitations différentes l’une ne devrait pas gêner l’autre. La profondeur limite des petites mines est de 30 m. Les grandes mines vont jusqu’à 1km. C’est la proposition que le SYNMACI-CI fait au nouveau ministre en ce qui concerne la collaboration entre les petits exploitants et les entreprises d’exploitation industrielle.

Pensez-vous que cette politique permettra de freiner véritablement cette clandestinité ?

VT : Nous savons de quoi nous parlons. Que l’Etat expérimente et vous-même, vous verrez. Ce que vous ne savez pas et je vais vous surprendre, le travail des petites structures minières aident beaucoup plus les grandes structures dans leur recherche de l’or.

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