SOCIETE

Le CHU de Bouaké paralysé par une grève des agents de santé


Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Les services du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké, le principal hôpital général de l’intérieur du pays restaient perturbés à la mi-journée ce jeudi 18 novembre 2021, au lendemain d’une grève de quatre jours déclenchée par seize syndicats du secteur de la santé publique, regroupés au sein de la faîtière syndicale Coordisante/Sycamci.

Un calme plat régnait en milieu de journée à la salle de consultation des services de la pédiatrie du CHU de Bouaké. Une situation inhabituelle dans cette salle d’accueil toujours bondée de monde, où les pleurs des enfants sont le quotidien de ce service spécialisé. À deux pas de là, aux urgences pédiatriques, l’ambiance est tout aussi particulière. Quelques parents d’enfants hospitalisés visiblement désemparés font des va-et-vient incessants. Courant dans tous les sens derrière quelques rares porteurs de blouses blanches encore présents sur les lieux.

« Si vous ne voulez pas vous occuper de nos malades, dites nous en même temps on va rentrer chez nous avec nos enfants », lâche finalement, rageur, un parent de malade, après avoir tenté de convaincre plusieurs agents sans succès.

Même son de cloche, pour cet autre jeune homme, qui, la voix rouée par la fatigue, se précipite vers nous pour un ultime service. « S’il vous plaît Monsieur, pouvez-vous intervenir auprès d’un agent pour nous. Depuis hier, mon enfant est sous perfusion et personne n’est encore passé le voir. L’eau ne circule plus dans le tuyau, j’ai beau signaler mais rien n’est fait depuis hier », lance l’infortuné, les yeux larmoyants.

Le décor n’est pas différent au pool des consultations de la médecine générale, où règne également un calme de cimetière.

Aux urgences générales et chirurgicales, les consignes sont claires, aucune nouvelle entrée n’est admise, confie, un agent sous anonymat. Une information confirmée par Souleymane, un usager, venu honorer un rendez-vous avec son médecin traitant. « J’ai même vu une ambulance être refoulée à l’entrée des urgences », soutient le septuagénaire.

Selon le préavis de grève, les syndicats revendiquent entre autres « la mise en application de la loi portant réforme hospitalière, par la signature diligente de tous les projets de décrets transmis au secrétariat général du gouvernement par le ministre de la Santé ».

Durant cette période de grève, la faîtière syndicale appelle par ailleurs, les agents de santé, dans le secteur public, à « s’abstenir de participer à toute activité de campagne sanitaire nationale ». Les syndicats grévistes demandent également la rétention de « toutes les données statistiques sanitaires des établissements publics hospitaliers des Districts sanitaires, des centres dédiés au Covid-19 et à « rendre total et sans services minimum devant tout cas d’arrestation ou de séquestration ».

La faîtière syndicale Coordisante/Sycamci entend suspendre son mot d’ordre de grève en Assemblée générale, « dès satisfaction par le gouvernement » de ses points de revendications majeurs soulevés, relève-t-on.

Cheik Koné

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