SOCIETE

La Côte d’Ivoire signe son entrée dans l’ère du spatial


Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

L’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) de Cocody-Abidjan, dans la capitale économique ivoirienne a abrité, le 11 juin 2021, une conférence internationale au tour du thème « L’Afrique entre dans l’ère du spatial : cas de la Côte d’Ivoire».

Cette conférence, la 2è du genre à l’initiative de l’Association pour la sauvegarde et la promotion de la pensée d’El Hadj Boubacar Gamby Sakho (ASPP-BGS), place ainsi la Côte d’Ivoire parmi les plaques tournantes de l’aventure spatiale du continent africain.

Fort donc du succès de la 1ère conférence organisée le samedi 15 juin 2019 sur le thème : « Les Nouvelles Routes de la soie et l’Afrique : cas de la Côte d’Ivoire », ASPP-BGS en partenariat avec la Fondation Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, l’Institut Schiller, le district de Yamoussoukro et l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny (INPHB) a réitéré l’exploit à travers cette seconde conférence pour parler de l’ère du spatial en Afrique.

A cette occasion, devant plus de 200 étudiants, réunis à l’amphithéâtre Koffi Allangba de l’UFR des Sciences médicales de l’Université Félix Houphouët-Boigny, le président de l’ASPP-BGS, Boubacar Fofana, a fait remarquer que cette conférence a pour but de faire de la Côte d’ivoire un pays qui compte dans le concert des nations. Il a ensuite souligné l’importance de l’astronomie dans le développement des pays, précisant que l’ASPP-BGS est une association dont le but est de promouvoir le dialogue des cultures, des civilisations, des traditions et des sciences, qu’elles soient traditionnelles ou modernes, comme peuvent l’être la médecine ou l’astronomie.

« Oui, tous les peuples ont toujours regardé vers le ciel et tenté de comprendre les causes de l’existence même de l’univers (…) Ce matin, nous allons faire le lien entre Copernic, Leibniz, Kepler, les Dogons du Mali, les Baoulés de Côte d’Ivoire, les Peuls du Macina et autres peuples d’Afrique », a-t-il déclaré dans ses propos liminaires, avant de remercier le professeur Arsène Koka Kobéa, directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, sans qui « la conférence n’aurait pu se tenir ».

La conférence a donc débuté avec la présentation de l’Association Ivoirienne d’Astronomie (AIA), notamment avec le Dr Ackah Jean-Baptiste, docteur de physique à l’Université Félix Houphouët-Boigny, ingénieur aéronautique à l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) et secrétaire chargé de la communication de l’AIA. Le but de cette jeune association, créée en février 2021 à l’UFR des Sciences des Structures de la Matière et de Technologie (SSMT) de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire est de « s’investir davantage en redonnant l’envie aux jeunes de s’orienter vers les filières scientifiques, étant donné que leurs recherches de doctorat s’inscrivent dans le cadre de la physique spatiale et de la météorologie de l’espace ».

L’AIA qui a entre autres objectifs de construire un observatoire astronomique en Côte d’Ivoire, a reçu il y a quelques semaines, son premier télescope, offert par l’association française Uranoscope, dans le but de lancer son programme de formation en astronomie.

Quatre panelistes, des astrophysiciens et planétologues venus pour l’essentiel de l’extérieur, se sont ensuite succédé au pupitre. Il s’agit notamment des astrophysiciens Maram Kaïré du Sénégal, Marie Korsaga du Burkina Faso, Sébastien Périmony de la France et du planétologue français David Baratoux.

Maram Kaïré, président de l’Association sénégalaise pour la promotion de l’Astronomie (ASPA), animant le sous-thème « enjeu du spatial et de l’astronomie pour une Afrique émergente », a montré toute la place qu’occupent les sciences spatiales et l’astronomie dans l’atteinte d’une bonne partie des 17 Objectifs du développement durable (ODD) prônés par les Nations Unies.

A ce sujet, il a démontré qu’en matière de santé, il est possible grâce aux satellites, de rester sur place pour faire de la télémédecine, une science qui permet de faire de la médecine à distance partout dans le monde. Toujours selon M. Kaïré, le satellite permet de donner des cours à distance à travers des séances de télé-enseignements.

Aussi, a-t-il complété, « Par exemple c’est grâce à la méthode mise au point pour répertorier l’infinie quantité d’étoiles que l’on a pu répertorier l’infinie quantité d’iris, et ainsi améliorer la prise en charge des problèmes d’yeux ».

En terme d’éducation, a-t-il poursuivi « le Rwanda, en partenariat avec la société OneWeb, s’est pour sa part engagé dans la création d’une constellation de satellites pour donner accès à internet aux élèves situés dans les zones les plus reculées du pays.

 Enfin, il a présenté les nombreux domaines qui vont se développer grâce à la science et la technologie spatiale, à savoir la météorologie et le climat, la surveillance maritime, le cadastre, la sécurité, etc.

A son tour de parole, la Burkinabè Dr Marie Korsaga, première femme astrophysicienne de l’Afrique de l’Ouest, s’est intéressée au sous-thème « La jeunesse africaine se lance dans les études spatiales». Dans cette lancée, elle a invité la jeune génération, notamment les jeunes filles, à s’intéresser aux sciences de l’univers. Marie Korsaga a d’abord raconté comment est née sa passion pour les phénomènes de l’univers, à savoir l’apparition de la vie sur Terre, les étoiles filantes et les phénomènes d’éclipse. Pour elle, le fait d’être la première femme astrophysicienne d’Afrique de l’Ouest est « certes un privilège mais (…) pas flatteur, car cela montre qu’il y a encore beaucoup à faire dans la parité hommes-femmes dans le domaine scientifique ».

« Si on prend le Burkina Faso, il y a, en plus de moi, trois autres docteurs en astrophysique. (…) Il faut donc amener les femmes à s’intéresser à la science et à l’astronomie en particulier. Comme je vois qu’il y a beaucoup de femmes dans la salle et qu’il reste encore beaucoup de mystères à élucider dans l’Univers, je vous invite à ne pas hésiter, et à venir nous aider», a-t-elle conclu.

Auparavant, l’astrophysicien français Sébastien Périmony, responsable du bureau Afrique de l’Institut Schiller, institut partenaire de l’événement, a présenté le travail épistémologique sur la méthode scientifique mené par le mouvement international de jeunes de Lyndon LaRouche. A ce sujet, il a donné un sens du travail du père de l’astrophysique moderne, Johannes Kepler (1571-1630), qui a rendu accessible, à travers ses livres, l’évolution de toutes les découvertes dans le domaine spatial.                                                                            

  « C’est de cette approche touchant à l’hypothèse supérieure que les étudiants d’aujourd’hui doivent s’inspirer pour être les découvreurs de demain », a exhorté Sebastien Périmony, invitant les autorités africaines à doter de nombreuses filières scientifiques de haut niveau de cette approche Képlérienne.

Quant à David Baratoux, planétologue et membre de l’IRD (Institut de Recherche et de Développement) exerçant à l’Université de Cocody, il a expliqué le lien entre technologies spatiales et applications concrètes sur terre à La planétologie et l’astrophysique comme moteurs de mobilisation de la jeune génération

David Baratoux a également présenté le travail de l’un de ses élèves utilisant les technologies issues du spatial. Et ce, à partir de travaux qu’il avait lui même effectué pour établir la cartographie minéralogique de la surface de Mars. Cette même technologie, a-t-il expliqué, est utilisée aujourd’hui au Niger pour lutter contre l’orpaillage clandestin.                       Pour lui, « Cette passerelle entre l’observation de la Terre et la planétologie est ce qui inspire notre vision pour préparer la jeunesse africaine à prendre part à l’aventure spatiale. »

Pour M. Baratoux, il est fondamental que les jeunes chercheurs africains ne se cantonnent pas à rédiger des articles scientifiques : ils doivent également être présents sur le terrain pour le développement économique, social et culturel de leurs pays. C’est pourquoi il engage toujours ses étudiants à créer des associations pour partager leurs connaissances avec la jeunesse africaine.

A la suite des quatre panélistes, le député de Yamoussoukro, Ahuili Naylor, parrain de la cérémonie, s’est félicité de cette belle intiative qui place les pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, sur la voie du spatial.

Cheik Koné

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